Prioriser ses prospects LinkedIn par adéquation ICP, pas par points
Un lead scoring à points récompense ceux qui cliquent. Classez vos prospects LinkedIn selon qui ils sont : un client idéal écrit, cinq niveaux, une liste.
Par Swimlane 8 min de lecture
Pour prioriser ses prospects sur LinkedIn, presque toutes les équipes finissent par construire une grille de points. Une visite de profil vaut tant, un clic tant, une réponse davantage, et tout se déprécie au bout de quelques semaines. Trois mois plus tard, plus personne n’ouvre le tableau de bord : les leads les plus « chauds » sont un recruteur, un concurrent et un étudiant qui a cliqué partout.
Le problème, ce ne sont pas les pondérations. C’est la question à laquelle la grille essaie de répondre. Ce guide la remplace par deux questions plus simples — cette personne correspond-elle, et se passe-t-il quelque chose dans la conversation ? — et montre comment organiser vos journées autour d’elles.
Pourquoi le lead scoring à points ne marche pas sur LinkedIn
Le lead scoring a été conçu pour le marketing automation, où un téléchargement ou une visite de la page tarifs dit quelque chose de l’intention. L’activité LinkedIn en dit beaucoup moins.
- Les signaux faibles dominent. Un like, une vue de profil ou un clic ne coûtent rien à l’autre personne. Ceux qui en produisent le plus sont souvent les moins susceptibles d’acheter : candidats, fournisseurs qui vous démarchent, pairs de votre propre secteur.
- Les pondérations demandent un entretien que personne ne fait. Chaque nouvelle offre, nouveau marché ou nouvelle campagne change ce que signifie un signal. La grille reste figée au jour où quelqu’un l’a construite.
- Un chiffre donne une fausse précision. Un 62 vaut-il mieux qu’un 58 ? L’équipe finit par débattre du modèle au lieu d’écrire des messages.
- Elle mélange deux questions. « Faut-il vendre à cette personne ? » et « Est-ce le bon moment ? » appellent des réponses différentes. Les additionner dans un seul total masque les deux.
L’adéquation d’abord, le moment ensuite
Séparez les deux questions, et chacune devient facile à traiter.
L’adéquation porte sur qui est la personne : son rôle, son niveau de responsabilité, le type d’entreprise où elle travaille, le marché auquel celle-ci vend. Elle est stable. Elle change quand la personne change de poste, pas quand elle like un post.
Le moment se lit dans la conversation : elle a accepté votre invitation, elle a répondu, elle a regardé votre profil, un échange attend votre réponse depuis trois jours. Ce ne sont pas des points à additionner. Ce sont des événements sur lesquels agir, dans la messagerie, aujourd’hui.
La règle de travail : l’adéquation décide qui mérite vos efforts, la conversation décide quand. Une réponse d’un profil moyen reçoit une réponse ce matin. Un excellent profil qui n’a jamais entendu parler de vous reçoit un premier message réfléchi, pas une place dans un classement.
Écrivez votre client idéal en un paragraphe, pas en grille
Un paragraphe en langage courant vaut mieux qu’un tableau de critères, parce qu’il peut dire ce qui compte le plus et ce qui exclut quelqu’un. Quatre éléments le rendent efficace :
- Nommez la personne, pas seulement l’entreprise. « Directeurs commerciaux et responsables sales ops », pas « entreprises SaaS ».
- Donnez le contexte. Secteur, type et taille d’entreprise, façon de vendre : « éditeurs de logiciels B2B de 20 à 200 personnes dont l’équipe prospecte sur LinkedIn ».
- Écrivez les restrictions noir sur blanc. « Pas d’agences. » « Hors services financiers. » « Fondateurs non techniques. » Les restrictions font l’essentiel du travail : quelqu’un qui a le bon rôle mais enfreint une restriction est en général un pair ou un concurrent, pas un acheteur.
- Dites qui est exclu. Étudiants, recruteurs, freelances, consultants : ceux qui reviennent sans cesse dans vos listes et n’achètent jamais.
Comparez deux versions :
Vague : « Décideurs dans des entreprises tech qui s’intéressent à la vente. »
Utile : « Directeurs commerciaux, VP sales et responsables sales ops d’éditeurs de logiciels B2B de 20 à 200 personnes dont l’équipe prospecte sur LinkedIn. Pas d’agences, pas de recruteurs, pas de consultants freelances. »
La seconde se vérifie sur un profil. La première correspond à la moitié de LinkedIn.
Cinq niveaux d’adéquation plutôt qu’un chiffre
Une fois le paragraphe écrit, répartissez les gens en quelques niveaux plutôt qu’en score : très faible, faible, moyen, élevé, excellent. Cinq niveaux suffisent pour décider quoi faire et sont trop peu nombreux pour qu’on en débatte. Associez une action à chacun :
- Excellent et élevé : un message que vous écrivez vous-même, sur quelque chose de réel dans leur situation. Ils sont peu nombreux ; ils méritent ce temps.
- Moyen : une séquence avec un bon modèle, et un examen attentif dès qu’ils répondent.
- Faible et très faible : hors prospection sortante. Gardez-les dans le CRM, car les gens changent de poste, mais n’y dépensez pas d’invitations. LinkedIn plafonne le nombre d’invitations envoyées chaque semaine : chaque invitation adressée à un mauvais profil manque à un bon.
Relisez les niveaux « moyen » une fois par semaine. C’est là que votre paragraphe se trompe : un rôle oublié, une restriction jamais écrite.
Prioriser ses prospects au quotidien
Une routine qui tient quand la messagerie déborde :
- Les conversations qui attendent votre réponse passent en premier, quelle que soit l’adéquation. Un échange en cours prime sur n’importe quel prospect froid. Si le retard est le vrai problème, commencez par une routine pour vider votre messagerie LinkedIn.
- Ensuite, les bons profils que vous n’avez pas encore abordés. Choisissez-en quelques-uns, lisez leur profil, écrivez à chacun un vrai premier message.
- Laissez les campagnes gérer le milieu. Réglez l’audience de la campagne sur une adéquation moyenne ou mieux, et laissez la séquence envoyer invitations et premiers messages à un rythme humain.
- Fermez la boucle. Quand une affaire est gagnée ou abandonnée, déplacez le contact dans une étape de clôture pour qu’il cesse de revenir dans votre liste du jour.
Le faire dans Swimlane
Swimlane est construit autour de cette séparation. Il n’y a ni grille de points à configurer ni score à lire.
- Où vous l’écrivez. Paramètres > Personnalisation > « Votre client idéal » contient votre définition par défaut. Dans l’étape Audience d’une campagne, activez Correspondance ICP : le champ reprend cette définition, vous pouvez la réécrire pour cette campagne, et Niveau de correspondance fixe le seuil — « Match faible ou mieux », « Match moyen ou mieux » ou « Match élevé ou mieux ».
- Comment un contact obtient son niveau. Swimlane décompose le paragraphe en rôles qui définissent votre acheteur, en contexte autour d’eux, en termes qui contredisent une restriction et en exclusions nettes, avec des variantes en anglais et dans votre langue pour qu’un profil rédigé en anglais comme en français corresponde. Chaque contact de l’audience est ensuite placé sur l’un des cinq niveaux, de très faible à excellent, d’après son titre, son poste actuel, son entreprise, sa section Infos et vos notes privées. Les mots du marché seuls (« SaaS », « B2B ») ne peuvent pas faire dépasser le niveau moyen : le rôle doit y être. Une exclusion fait tomber le contact à très faible.
- Toujours à jour. Modifiez le paragraphe, ou laissez un profil évoluer, et les niveaux concernés sont recalculés.
- Où vous le voyez. Sur le panneau du contact, avec une ligne par campagne ; sur les fiches et les lignes de liste ; et sur les cartes de pipeline, qui affichent le meilleur niveau et, au survol, celui de chaque campagne.
- Votre liste du jour. Le bloc Personnes avec qui interagir du tableau de bord affiche jusqu’à cinq contacts d’adéquation élevée ou excellente avec qui vous n’avez presque pas interagi, en écartant les contacts archivés et ceux qui se trouvent dans une colonne de pipeline de type « Terminé » ou « Abandonné ». Un sélecteur restreint la liste au profil d’une seule campagne.
- Quand vous sourcez. Une recherche de personnes décrite comme un persona présente chaque profil sur l’écran de revue avec une phrase expliquant pourquoi il correspond ou non, par rapport à ce que vous avez écrit dans Paramètres > Personnalisation.
La page scoring ICP présente la fonctionnalité complète, et un flow qui offre à vos meilleurs profils une séquence plus courte et plus personnelle est une façon d’exploiter les niveaux.
Là où l’adéquation ne suffit plus
Un niveau d’adéquation ne connaît que ce qui est écrit sur un profil. Un fondateur au titre d’un mot et à la section Infos vide sera classé bas, même s’il est exactement votre acheteur. Deux habitudes corrigent l’essentiel :
- Notez ce que vous apprenez dans une note privée. « Valide le budget des outils commerciaux » est un texte dont le niveau tient compte.
- Faites plus confiance à la conversation qu’au niveau. Un profil moyen qui répond avec un vrai problème vaut plus cette semaine qu’un excellent profil qui ne répond jamais. Le niveau ordonne vos efforts ; il ne signe pas les contrats.
L’adéquation vous dit où regarder. La suite reste une conversation.